Faiel à la clinique vétérinaire

Mes chers ch’amis, j’espère que vous ne vivrez jamais ce que j’ai vécu la semaine dernière. Une expérience horrible… Jeudi dernier, elle, d’habitude si gentille, m’a obligé à entrer dans une cage de transport minuscule et m’y a enfermé. Ah, je peux vous dire que je ne me suis pas laissé faire, non mais ! Je l’ai griffée, repoussée et comme elle est tombée à la renverse, elle a de jolis hématomes sur le corps, bien fait pour elle et ce n’est rien par rapport à ce que moi, j’ai subi. J’ai été transporté malgré un froid glacial et un vent abominable dans un lieu appelé clinique vétérinaire. Une clinique ? Mais je ne suis pas malade ! Et qu’est-ce que c’est que ces trucs ? Des chiens ? Ils sont grands ! Un serpent ? Brrr… Une dame m’a examiné, bon c’était agréable, elle a dit que j’étais en pleine forme, aucun problème, alors qu’est-ce que je fais là ? Elle m’a enfermé à nouveau et je me suis retrouvé tout seul… Tout seul, vous m’entendez, jusqu’au lendemain matin, rien à boire, rien à manger, pas de caresses, pas de couverture et de chaleur pour dormir… Qu’est-ce qui va m’arriver ? Au secours, j’ai peur ! Je miaule, je pleure, personne ne vient… C’est long… Presque interminable… C’est le vendredi matin, il y a quelqu’un, un gentil monsieur, mais… Le trou noir… Je me réveille en fin de matinée et je suis sûr que quelque chose ne va pas… Je ne ressens pas de douleur, mais il y a quelque chose de différent, j’en suis certain… Oh, non ! J’ai du sang, j’ai un peu mal, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Mes beaux attributs que j’aimais montrer avec la queue en l’air ! Où sont-ils ? Qu’en ont-ils fait ? C’est que je ne pourrai plus me reproduire, moi, maintenant ! Attendez qu’elle revienne, je vais lui en faire voir de toutes les couleurs ! Et si elle ne revenait pas ? La journée passe lentement, je n’ai toujours rien à manger, rien à boire… Ils veulent me tuer ou quoi ? Jusqu’à quand vais-je rester ici ? J’en ai marre… Ah, je l’entends, elle est venue me chercher et on me remet dans ma cage de transport, miaou, miaou, je suis là, tu m’entends ? Oui, elle m’entend, elle est contente de me revoir, tout s’est « bien » passé (tu parles !). On repart, il fait très froid, encore plus que la veille, la nuit tombe, je suis à bout, on rentre bien chez nous, n’est-ce pas ? J’ai un peu peur… Oui, on rentre chez nous, j’entends Edwyn, et mon maître qui m’ouvre la cage dans la baignoire et qui retire le sang et l’urine car je me suis souillé durant le trajet du retour… Il est fort mécontent de ce que j’ai subi. Je sors de la salle de bain, un peu pantelant, Edwyn me fait des bisous, je griffe le sisal de l’arbre à chat, ah ça fait du bien !, et je cours à la cuisine pour manger mais… Où sont les gamelles ? La mienne n’est pas là et celle d’Edwyn non plus, allons-nous mourir de faim ? J’ai le droit de boire un peu et ils ont oublié d’enlever l’herbe à chat, chouette ! Je fais le tour du propriétaire, rien n’a changé, tant mieux, je retrouve vite mes repères, accepte quelques caresses et vais me reposer pour faire ma toilette. Edwyn essaie de m’embêter mais il est écarté et je peux rester tranquille. Deux heures après, je suis tout propre, j’ai du beau poil, et je peux m’endormir au chaud mais toujours le ventre vide… Au réveil, je vais dans la caisse de toilette mais il y a du papier journal, ça fait bizarre. Le samedi matin, j’ai eu le droit de manger un peu, des croquettes différentes de celles habituelles, ça va, elles sont mangeables. Je peux reprendre mes activités, courir, jouer, ça fait du bien. Je ne souffre pas et depuis dimanche matin, je prends deux antibiotiques dans ma nourriture, un le matin et un le soir. Aujourd’hui, lundi, la caisse de toilette est redevenue normale et j’ai pu manger et boire normalement, courir, jouer avec eux et Edwyn. J’essaie d’être le plus propre et le plus sage possible. Je sais que j’ai subi ça parce que je faisais des pipis partout et que je braillais tout le temps, si j’avais su… Mes ch’amis, surtout faites attention à vous ! Je vous mets une photo prise jeudi soir : est-ce que vous vous rendez compte que si je n’étais pas revenu de cette clinique, elle aurait été la dernière photo de moi ?


Milton, de Haydé Ardalan

Haydé Ardalan est née en 1956 à Cologne (Allemagne) ; elle est d’origine iranienne. Elle a étudié les Arts visuels à Lausanne (Suisse). Elle a été illustratrice pour L’Hebdo (journal suisse) et publie maintenant ses albums à La joie de lire (éditeur suisse).


Milton et le corbeau, de Haydé Ardalan

La joie de lire (Genève), collection Milton, mars 1998, 32 pages, 7,50 €, ISBN 2-88258-114-9

Au lever du jour, le chat noir et blanc, Milton, fait une balade sur le toit et repère en haut d’un arbre un nid avec des bébés corbeaux. Mais la mère corbeau arrive avec des vers pour nourrir ses petits et le père corbeau attaque le chat. Milton se réfugie alors à la maison et passe en revue les ressemblances et les différences entre lui et le corbeau.

Et moi qui suit blanc et gris, y aurait-il un oiseau qui me ressemble ?


Milton chez le vétérinaire, de Haydé Ardalan

La joie de lire (Genève), collection Milton, septembre 1998, 32 pages, 7,50 €, ISBN 2-88258-124-6

Milton se cache car il ne veut pas aller dans la cage. En plus c’est pour aller chez le vétérinaire. Dans la salle d’attente, Milton se demande ce qui l’attend… Bandages ? Collerette ? Piqûre ?… Milton est content de retourner à la maison et de se reposer de cette expérience traumatisante.

Ma maîtresse est malade depuis deux semaines, je l’emmènerais bien chez le vétérinaire…


D’autres titres avec Milton

Moi, Milton (1997, prix des plus beaux livres suisses)

Le Noël de Milton (1999)
Les vacances de Milton (2003)

Mais où est passé Milton ? (2007)

Milton au musée (2010)

La fugue de Milton (2010)

 

Deux albums illustrés que j’ai lus pour le challenge Je lis aussi des albums ! et qui racontent bien la vie et le quotidien d’un chat d’appartement.